REVUE DE PRESSE

Citation de Gilles Cantagrel du 17 août 2009

« J’ai entendu Sylvette Gaillard à Saint-Maixent, et j’ai conservé un souvenir très vivace de son talent et de la profondeur de ses interprétations, de même que j’avais vivement apprécié la première Suite de Bach qu’elle avait enregistrée en vidéo à l’abbaye royale de Fontevraud ».

DVD…Collection L’oeil écoute / PARCEREL sous la direction d’Alain DUAULT. Réalisation : Luc Michel HANNAUX .

Citation de Jacques Bonvin
Une expérience hors du commun au service de la musique de Jean-Sébastien Bach

À la demande de Sylvette Gaillard, j’ai été amené à l’aider à faire en 2005, un enregistrement des six suites de Bach, dans l’église Saint Pierre de Melle en tenant compte des données géodésiques et architecturales propres à cette église.
Il y a trois églises romanes à Melle, et Saint Pierre n’est jamais utilisé pour y faire des concerts du fait de son acoustique particulière qui crée une réverbération que les musiciens ne savent pas résorber. En fait, l’église possède un lieu particulier qui permet de jouer et d’enregistrer de la musique avec une vibration différente. Limité dans l’espace et caché à la vue du public, ce point précis active la totalité de l’acoustique de l’édifice.
Chaque église a une résonance particulière du fait de son architecture et de son élévation, qu’il est possible de convertir en musique afin de trouver une partition de trois notes qui règle et harmonise le musicien à l’édifice. Avec l’expérience, nous avons même constaté que cet accord varie dans le temps ; il n’est pas le même en fonction des saisons, sans doute du fait de l’évolution de la lumière solaire dans l’année. Jouer ces trois notes dans l’église permet d’harmoniser le lieu au musicien.
À Saint Pierre de Melle, l’emplacement pour jouer est limité à un carré de deux mètres sur deux mètres. À l’intérieur de cet espace réduit, Sylvette a trouvé par sa propre sensibilité des points de résonance spécifiques à chacune des œuvres à interpréter. Lors d’une expérience précédente, ou je l’avais placé à l’intérieur de cet espace hors du commun, elle en avait compris le principe de fonctionnement au point, aujourd’hui d’être capable d’affiner son choix très précisément en fonction du morceau qu’elle veut jouer.
À l’écoute le son était total dans la mesure où on l’entendait de n’importe quel point de l’église comme si on avait un casque stéréo sur les oreilles. Du point de vue enregistrement, le problème était différent car on entendait une réverbération qui nuisait à la qualité sonore de l’œuvre. J’eus alors l’idée de rechercher dans l’édifice, un point ou l’on pouvait mettre les micros, et j’en trouvais un assez loin de l’instrument. Les micros étant placés selon les normes classiques d’enregistrements soigneusement mis au point par l’ORTF. Cet essai nous donna un excellent résultat mais ne cassait pas les problèmes de réverbération dans leur ensemble. Déjà nous savions que, placer le musicien au bon endroit, limitait presque totalement les effets d’écho.
Sylvette Gaillard n’était pas vraiment contente du résultat, car les aigus étaient mangés par les « forte » et l’enregistrement ne rendait pas ce qu’elle souhaitait. L’ingénieur du son me demanda s’il y avait d’autres points dans l’église ou l’on aurait pu placer des micros. Une recherche m’en fit découvrir d’autres. C’est alors que j’ai eu l’idée de demander au preneur de son s’il pouvait mettre un micro sur chacun des points trouvés. Il était assez réticent, car il avait peur que, vu les distances, que cela crée un décalage dans le son. Un essai fut fait néanmoins. La différence fut spectaculaire, pas globalement satisfaisante, mais vraiment spectaculaire. Après de nombreux essais, nous découvrîmes cependant la solution idéale.
L’écoute surprit tout le monde, la qualité était totale, il n’y avait plus la moindre réverbération, le son d’une pureté absolu. Mieux nous nous rendîmes compte que non seulement les micros ne généraient pas de décalage, mais qu’en plus ils permettaient de faire une balance très claire entre les graves et les aigus.
Pour chacune des suites, nous obtînmes des positions de micros différentes, coordonnées sur le travail du violoncelle. Pour tester la Quatrième suite de Bach, nous innovâmes encore au grand dam du technicien qui hésitait à nous suivre dans nos solutions improbables… Nous obtînmes cependant une qualité incroyable dans la gestion des graves.
De plus dans cette église réputée pour ne pas pouvoir laisser jouer de la musique, nous avions l’impression d’être dans une bulle, complètement coupés des bruits du monde extérieurs, comme si les lois de Sabine étaient totalement abolies et transformées. Pour Sylvette Gaillard, aucun studio d’enregistrement, même le plus perfectionné n’aurait pu donner une telle qualité sonore.
Mon travail était fini, celui de Sylvette commençait.
JACQUES BONVIN

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